tout désir nait d'un besoin, d'une privation, d'une souffrance. En le satisfaisant, on l'apaise: mais pur un de satisfait, combien d'insatisfait, combien d'inassouvis! De plus le désir dure longtemps, lesexigences sont infinies, la jouissance est courte et étroitement mesurée. Et mêm le plaisir enfin obtenu n'est qu'apparent: un autre lui succède, le premier est une illusion dissipée, le second une illusion qui dure encore. Rien au monde est capable d'apaiser la volonté, ni de la fixer d'une manière durable: le plus qu'on puisse obtenir de la destinée ressemble toujours a l'aumône qu'on jette au pied du mendiant, et qui n'entretient sa vie aujourd'hui que pour prolonger son tourment le lendemain
Schopenhauer